13 centres anticancer en 2016 : La fin du calvaire des cancéreux ?

Le Chef de l’Etat a reconnu que le cancer est une « cause majeure de la santé publique en Algérie, ce qui a conduit au lancement du plan national anticancéreux pour la période 2015-2019 ». Chez les hommes de plus de 50 ans, le cancer de la prostate et de la vessie vient en deuxième position en Algérie après le cancer des poumons. Chez la femme, le cancer du sein vient en tête des cas de cancer recensés. Le ministre de la Santé a salué les efforts consentis par l’association El-Amel, notamment en matière de sensibilisation et de dépistage précoce du cancer du sein en faveur des régions enclavées.

Le temps des lointains rendez-vous et attentes interminables pour les cancéreux pour pouvoir bénéficier de séances de radiothérapie et de chimiothérapie est révolu. En tous les cas, le ministre de la Santé, de la Population, et de la Réforme hospitalière est formel à ce sujet. « Ceci est de l’histoire ancienne car à présent, le patient n’aura à patienter que dix jours au maximum. Pour la chimiothérapie, on peut même passer la séance sur place, sans prendre de rendez-vous. Quant à la radiothérapie, d’autres facteurs médicaux entrent en jeu et il est connu que le malade doit attendre le pronostic médical », a-t-il assuré, hier, à Alger, en marge de la cérémonie du lancement de la caravane de la clinique mobile de dépistage du cancer. Pour M. Abdelmalek Boudiaf, « l’ouverture de plusieurs centres anti-cancer dans différentes régions du pays a grandement contribué à cet état de fait. Il tient à assurer que la situation va encore s’améliorer davantage avec la réception attendue durant ce premier semestre de deux nouvelles structures, à Oran et Sidi Bel Abbès. » « Même si la pression a été toujours observée au centre du pays, notamment à Alger, je peux vous assurer que les patients ne vivront plus le calvaire, celui des nombreuses semaines d’attente », a-t-il promis en avançant le chiffre de 13 centres anti-cancer qui seront fonctionnels en Algérie. Idem pour les autres rendez-vous relatifs au scanner, IRM et échographies. « Pour ces matériels, le problème a toujours été lié à l’état de ces équipements. Ce sont des appareils lourds et leur manipulation doit obéir à certaines normes et compétences y compris pour leur maintenance. Aujourd’hui, Dieu merci, les choses ont évolué dans le bon sens. Sachez qu’en France, il faut attendre un mois par exemple pour obtenir un rendez-vous pour effectuer une IRM, alors qu’en Algérie, l’attente ne dépassera pas désormais une dizaine de jours », s’est-il félicité. Pour revenir à la caravane de la clinique mobile de dépistage du cancer, une première en Algérie, celle-ci va sillonner plusieurs wilayas du pays et cibler, plus particulièrement, les zones enclavées, notamment le Sud et les Hauts-plateaux. « Pour le moment, nous ne disposons qu’une seule clinique mobile de ce genre. Cela reste insuffisant et souhaitons qu’il y ait d’autres à l’avenir, nous sommes disposés à les équiper », a indiqué le ministre de la Santé, qui assure que le suivi sera garanti si des cas sont dépistés par cette caravane. « Ne vous inquiétez pas. Nous avons pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer une prise en charge efficace, que ce soit dans un centre anti-cancer ou dans un CHU », a-t-il souligné, insistant au passage sur la sensibilisation des femmes pour faire un dépistage précoce du cancer du sein. Une maladie qui préoccupe au plus haut point autant le département de Boudiaf que le mouvement associatif. Il est vrai que chaque année, 11.000 nouveaux cas sont recensés dans notre pays, d’où la nécessité de faire un travail en amont, soit la prévention et la sensibilisation. " Nous menons depuis 2009 des campagnes de sensibilisation à travers tout le territoire national. A ce jour, nous avons silloné 38 wilayas du pays et touché les zones les plus lointaines. Le constat que nous établissons aujourd’hui est que désormais, le tabou est cassé. Ce n’est plus comme avant. Les femmes à présent souhaitent se faire dépister. Elles ont compris l’importance d’une telle démarche et ceci peut sauver des vies. Grâce au dépistage, des ablations du sein ont été évitées parce qu’il a pu déceler le cancer à un stade précoce », a expliqué la présidente de l’association El Amel de lutte contre le cancer, Mme Hamida Kettab. SAM

Association El-Amel Un rôle majeur A cette occasion, M. Boudiaf a salué les efforts consentis par l’association El-Amel, initiatrice de cette opération, notamment en matière de sensibilisation et de dépistage précoce du cancer du sein en faveur des régions enclavées, à travers cette caravane qui sillonnera plusieurs régions du pays en commençant par la wilaya de Biskra. Le ministre a souligné que le dépistage précoce du cancer du sein « n’est plus un tabou pour la société algérienne », rappelant les moyens mis en place par l’Etat pour la prise en charge de cette maladie. M. Boudiaf a également insisté sur l’importance de la sensibilisation et le dépistage précoce des différents types de cancer, rappelant les unités mises en service ces dernières années à travers les différentes régions du pays. De son côté, la présidente de l’association El-Amel d’aide aux cancéreux, Mme Hamida Kettab, a indiqué que l’opération pilote de dépistage précoce, menée en 2013 à Biskra, avait concerné quelque 3.000 femmes de plus de 40 ans. Par ailleurs, quelque 2.000 femmes de la même tranche d’âge d’Algérie Télécoms (AT), avaient bénéficié du dépistage précoce dans le cadre de la médecine du travail. L’association El-Amel poursuit ses activités, notamment en faveur des régions éloignées et privées de structures de santé.

El Moudjahid PUBLIE LE : 03-01-2016 | 0:00