ÉPIDÉMIE DE GRIPPE "Les victimes n’étaient pas vaccinées"

Tout en insistant sur le fait que le virus actuel est une grippe saisonnière, le Dr Smaïl Mesbah affirme que toutes les victimes atteintes de complications font partie de la catégorie à risque à qui le vaccin est fortement recommandé.

Le ministère de la Santé sort de sa réserve pour rassurer les citoyens quant à l’épidémie de grippe qui sévit dans le pays ! En effet, après le ministre de la Santé et son directeur de communication, c’est au tour du directeur de la prévention au ministère de la Santé d’essayer de couper court à la polémique « grippale » actuelle. Smaïl Mesbah a entonné le même refrain que les autres responsables du ministère de la Santé. « C’est une grippe saisonnière et non une grippe porcine », a-t-il rassuré non sans avouer que le virus de la grippe qui sévit actuellement est de type H1N1. « Néanmoins, on ne parle plus de grippe porcine depuis trois ans. Le H1N1 a été classé par l’OMS comme une grippe saisonnière aiguë », précise-t-il en insistant sur le mot « saisonnière ». C’est donc du H1N1 à qui on a retiré le mot grippe porcine ! Mais malgré les nombreux foyers épidémiques et le nombre de victimes qui en sont déjà à 14 morts, selon les chiffres du ministère de la Santé, le Dr Smaïl Mesbah réfute le fait que le virus grippal de cette année soit plus virulent que celui des années précédentes. « Les données dont nous disposons actuellement ne montrent pas que cette souche soit plus virulente que celles qu’on a connues les années précédentes », affirme-t-il. Ce qu’il faut retenir selon le Dr Mesbah est que toutes les victimes qui ont enregistré des complications grippales sont des personnes à risque. « Ce sont soit des personnes âgées, femmes enceintes, enfants ou des personnes qui souffrent de maladies chroniques », témoigne-t-il. « Elles sont considérées comme des personnes à risque et partout dans le monde cette catégorie peut présenter des complications suite à la grippe, qui peuvent aller jusqu’à la mort », poursuit-il en attestant que ces personnes n’étaient pas vaccinées contre la grippe. « Ce qui aurait minimisé les risques », regrette-t-il. Le directeur de la prévention au ministère de la Santé invite de ce fait les Algériens, particulièrement, ceux qui sont considérés comme faisant partie des personnes à risque de se faire vacciner, surtout que la campagne se poursuit jusqu’au mois de mars. Il n’en fallait pas plus pour le Dr Mesbah pour se féliciter de la « réussite » de la campagne de vaccination faite sous l’égide de sa direction. « Je considère que cette campagne était réussie. Nous avons importé plus de 2000.000 de doses de vaccin antigrippal et déjà à la mi-décembre 80% de ces vaccins étaient déjà utilisés. Soit près de 1800.000 doses. Ce qui est une très bonne chose », se réjouit-il. « En plus, la demande a été bien satisfaite. Nous n’avons enregistré aucune pénurie et le vaccin est facile à acheter et donné gratuitement aux malades chroniques et femmes enceintes », rétorque-t-il avant d’avouer cependant qu’il existe encore une certaine réticence des citoyens à se faire vacciner contre la grippe. « Les citoyens ont encore peur du vaccin grippal. La plupart d’entre eux minimisent les risques de la grippe qu’ils considèrent comme un virus bénin. Les autres ont peur des effets secondaires que je précise sont minimes alors qu’une troisième catégorie vit encore avec le spectre des effets secondaires des vaccins contre la grippe porcine », explique-t-il. Toutefois, le Dr Smaïl Mesbah ne considère aucunement que le ministère de la Santé en général et son département en particulier ont échoué dans la sensibilisation des citoyens quant à l’importance du vaccin grippal ! Bien au contraire, lui qui parle de méfiance chez la population, se dit paradoxalement très satisfait de la campagne de sensibilisation menée ! Il va même jusqu’à faire les éloges des deux structures chargées du suivi de la grippe. « Ce sont deux cellules très efficaces dont rares sont les pays qui peuvent se targuer d’en disposer. La cellule sentinelle qui permet le suivi de l’évaluation de l’épidémie grippale et le laboratoire de référence qui nous permet de savoir quel type de virus circule dans le pays », certifie-t-il. « C’est grâce à ce laboratoire que nous savons quel type de vaccin doit être commandé », ajoute-t-il. « Et je vous fais savoir que cette année le vaccin actuel contient les anticorps contre le H1N1 et le H3N2 qui ont été identifiés comme les deux types de virus qui circulent actuellement en Algérie », conclut le directeur de la prévention au ministère de la Santé avec l’espoir de mettre fin aux rumeurs et à la panique qui se propagent au même rythme que ce virus et ses victimes... !

L’EXPRESSION Février 2015