Greffes rénales : Les spécialistes plaident pour dépasser les entraves réglementaires, législatives et socioculturelles

Lors de l’ouverture de l’université d’été de la médecine généraliste, au siège de la Mutuelle générale des matériaux de construction à Zéralda, Farid Haddoum, chef de service de néphrologie au CHU Mustapha-Pacha, a précisé que « l’Algérie possède les moyens matériels et humains pour répondre à la demande en greffes rénales à condition de dépasser les entraves réglementaires, législatives et socioculturelles ».

Le Pr Haddoum considère que le nombre d’insuffisants rénaux hémodialysés au niveau des hôpitaux publics et des cliniques s’élève à 21.800 malades, dont un tiers est atteint d’hypertension artérielle (HTA) et de diabète (deux facteurs responsables de l’insuffisance rénale), tandis que 1.400 cas nécessitent une greffe. Dans le même cadre, le chef de service de néphrologie au CHU Mustapha-Pacha a estimé que le rythme des greffes rénales effectuées en Algérie est "très lent" par rapport au nombre croissant des insuffisants rénaux. Indiquant par ailleurs la poursuite de la prise en charge « très coûteuse » de l’insuffisance rénale, au lieu d’investir dans la sensibilisation au prélèvement d’organes sur cadavres que « la société rejette catégoriquement » pour des raisons purement culturelles, en dépit de la fatwa édictée en 2003 en Algérie, une expérience suivie par certains pays musulmans ayant prouvé son efficacité".

La nécessaire prise en charge des maladies chroniques En présence de médecins spécialistes algériens au niveau des établissements sanitaires, le Pr Mustapha Hammouche, du service de néphrologie du CHU de Bab-El-Oued a souligné la nécessité de la bonne prise en charge des maladies chroniques, dont la maladie insuffisance rénale, diabète, hypoglycémie, hypertension, les maladies cardiovasculaires… Le Pr Hammouche a fait savoir que 10% des Algériens sont touchés par la maladie d’insuffisance rénale, dont 5% sont en phase terminale, mettant en exergue la dangerosité de cette maladie. Dans ce cadre, le Pr Hammouche a souligné la nécessité de dépister et de cibler les maladies à risque. Dans le même contexte, l’intervenant a précisé que la prise en charge de la maladie chronique de l’insuffisance rénale est devenue importante au niveau du secteur de la santé publique, rappelant que les patients « courent le risque de décéder assez tôt ». Soulignant l’importance du dépistage optimal et efficace dans la population à risque et l’importance de dépister les complications spécifiques dont l’anémie, l’acidose métabolique, les troubles osseux…

El Moudjahid Hamza Hichem