Insuffisance rénale chronique : La qualité de l’eau dans le traitement par hémodialyse

La qualité de l’eau en hémodialyse est le thème de plusieurs rencontres scientifiques organisées à travers plusieurs wilaya. Au cours des années, ont été mis en évidence les risques liés, notamment à l’aluminium, aux chloramines ou à certaines bactéries. Aujourd’hui, on craint également des effets, à moyen ou à long termes, dus à la présence à faibles doses de diverses molécules, comme des endotoxines ou des pesticides.

Pour assurer une sécurité sanitaire, des limites de qualité ont été proposées à travers les journées de formation médicale continue, organisées par l’Industrie medico-chirurgicale et animées par le Pr Cannaud, chef de service néphrologie au CHU de Montpelier, France, et expert auprès des organisations internationales. Selon ce spécialiste, la qualité de l’eau en hémodialyse est le premier maillon d’un processus visant l’amélioration de la prise en charge des malades. Ce qui permet, selon le conférencier, de passer à une étape supérieure dans les soins. Il a été question aussi des nouvelles recommandations du traitement de l’anémie en insuffisance rénal chronique, « Diagnostic et Mangement », qui ont été aussi au centre de l’intérêt de ces rencontres scientifiques au profit des praticiens spécialistes du pays. Le bon usage de l’érythropoïétine Alpha dans le traitement de l’anémie en pré dialysé et en phase de dialyse, avec la disponibilité de différents dosages d’EPO, a été mis en valeur par les conférenciers qui ont insisté sur l’ajustement de la dose nécessaire au traitement de l’anémie du patient. Les nouvelles cibles de l’HB en IRC, selon les nouvelles recommandations internationales, ont été passées en revue, surtout qu’elles permettent d’éviter les risques cardiovasculaires chez les patients hémodialysés. Au début des années 2000, l’entreprise a commencé à investir dans la fabrication des solutés massifs (sérums salés et glucosés, ringer lactate, sérum de réhydratation, électrolytes, etc.). Elle couvre actuellement près de 50% de la demande hospitalière en solutés massifs et ambitionne de devenir, à fin 2015, à la faveur d’un nouvel investissement, le principal fournisseur de sérums salés et glucosés. Implantée dans la zone industrielle de Rouiba, la société des Industries médico-chirurgicales est composée de deux unités de fabrication. L’une consacrée aux dispositifs médicaux tandis que la seconde est spécialisée dans la fabrication de médicaments injectables et solutés massifs. Selon Dr Boukheloua, président de la Fédération nationale des insuffisants rénaux, rencontre à l’occasion, l’Algérie compte près de 19.800 malades dialysés, dont 400 enfants et 9.000 femmes qui ont un « besoin urgent » d’une greffe rénale, en raison de « la conjugaison de problèmes de santé, aussi bien matériels que familiaux ». Il a estimé que le don d’organe est « encore faible », soulignant, à titre indicatif, la réalisation « depuis juin 1986, de seulement 1.400 greffes rénales », d’où la nécessité, a-t-il dit, de la « consécration de davantage d’efforts pour l’ancrage d’une culture de don, au sein de la société, laquelle doit être associée à une volonté politique qui accordera l’intérêt nécessaire à ce sujet ». « Le coût de prise en charge d’un insuffisant rénal est de 10.000 DA/jour, soit 100 millions de dinars pour tous les malades dialysés », a indiqué, pour sa part, le porte-parole de la Fédération, Mohamed Boukhers, qualifiant ce montant de « très important ». Il y a lieu de rappeler que l’hémodialyse est réalisée par le biais de la mise en place d’un accès vasculaire, en l’occurrence une fistule, facilitant l’accès à la circulation sanguine au moyens d’aiguilles. Elle se déroule en trois étapes. D’abord, le liquide de dialyse (dialysat) passe d’un côté du dialyseur et attire les déchets et l’excès d’eau qui se trouvent dans le sang. Ensuite le dialyseur, qui possède de minuscules trous, joue le rôle de filtre et permet aux déchets et à l’eau de passer du sang vers le dialysat et, enfin, le dialysat saturé par les déchets et l’excès d’eau est éliminé et le sang propre est restitué. Actuellement, un programme de développement est consacré pour la fabrication de médicaments pour le traitement du cancer et sur les produits issus des biotechnologies. Tout un défi à relever.

El Moudjahid Wassila Benhamed