Prélèvement de la cornée : le cadre juridique nécessite une modification (association)

ALGER, 26 oct 2013 (APS) - Le cadre juridique relatif au prélèvement de la cornée des yeux des personnes décédées mérite d’être modifié pour pouvoir assurer la disponibilité de cette membrane en Algérie sans recourir à son importation, a souligné samedi à Alger le président de l’Association des ophtalmologistes praticiens algériens (AOPA), le docteur Boualem Chachoua.

"Les chirurgiens ophtalmologistes qui pratiquent la greffe des cornées sont bloqués par l’exigence d’une demande d’autorisation pour un prélèvement immédiat des proches de la personne décédée. Ceci est très difficile à faire", a-t-il déploré dans une déclaration à l’APS en marge du 7ème congrès d’ophtalmologie pratique de organisé par cette association.

Qualifiant de "frein" la loi sur la santé de 1985, pour le prélèvement et la greffe des cornées, le Dr. Chachoua a tenu à rappeler que la cornée de l’oeil est un tissu et non un organe dont le prélèvement des cadavres doit se faire durant les premières heures qui suivent le décès.

A ce propos, il a proposé de considérer toute personne qui ne s’est pas opposée de son vivant à faire un don d’organes comme consentante, en recommandant aussi la création d’une banque de cornées et l’ouverture d’un registre national des donneurs d’organes et autres membranes, pour réduire le recours à l’importation des pays étrangers.

Plus de 6.000 cornées, importées des Etats Unis d’Amérique, ont été greffées dans divers centres hospitalo-universitaires d’Algérie entre 2001 et 2012.

Par ailleurs, le 7ème congrès d’ophtalmologie pratique qui s’est tenu vendredi et samedi par la participation d’ophtalmologistes algériens, du Maghreb et de l’Europe, a été consacré en grande partie à la cataracte qui représente la première cause de la cécité en Algérie, qui touche à 62.000 personnes, ainsi qu’à d’autres pathologies oculaires comme le glaucome.

Il a pour objectif de contribuer à la formation médicale continue des praticiens de l’ophtalmologie du secteur public et privé, ainsi que des jeunes ophtalmologistes et résidents, et de faire une mise au point sur les nouvelles techniques chirurgicales, a indiqué le président de l’AOPA.

Outres des communications et ateliers, des vidéos didactiques sur le traitement de la cataracte, cette maladie de l’oeil qui touche généralement les personnes âgées de plus de 60 ans et se caractérise par une opacité du cristallin, due au processus de vieillesse naturel, ont été projetées. APS) samedi 26 octobre 2013 15 : 53