Toutes les conditions doivent être assurées pour le soutien à la greffe d’organes

ALGER - Les participants à la Journée scientifique sur le prélèvement d’organes sur donneur en état de mort encéphalique ont appelé, lundi à Alger, à assurer toutes les conditions requises pour la greffe d’organes en Algérie.

Pour sa part le Pr Bouzid Addad, président du conseil scientifique du CHU Mustapha Pacha, initiateur de cette rencontre, a indiqué que cette institution a mis en place une organisation spéciale pour renforcer la greffe d’organes à partir de cadavres.

Il a, dans ce cadre, appelé les autorités publiques à prêter assistance aux centres en charge des opérations de greffe et à sensibiliser l’opinion publique au don d’organes.

De son côté, le Pr Malija Benhalima, chef de service de microbiologie, a précisé que 1.250 personnes ont bénéficié de greffes, notamment rénale depuis le lancement de cette activité en 1986, indiquant que 20% des cas ont fait des rejets.

Le Pr Djenas, chef de service de neurochirurgie a, quant à lui, insisté sur la nécessité de déclarer la mort cérébrale du point de vue scientifique et de respecter la déontologie de la profession pour éviter les dépassements enregistrés dans certains pays.

Le président du Conseil national de l’éthique des sciences de la santé, Salah Eddine Bourezak, a souligné l’importance de la mise en place des cadres juridiques nécessaire à l’encadrement de la greffe en Algérie, estimant que les textes actuels sont désuets.

Par ailleurs, le chef de service de médecine légale, Rachid Belhadj, a évoqué les étapes qui garantissent la réussite de la greffe à commencer par le constat de la mort encéphalique par le médecin légiste jusqu’à l’accompagnement de la famille du donneur.

M. Belhadj a appelé à la mobilisation des moyens matériels et humains en vue de sécuriser l’activité de la greffe en Algérie en tant que spécialité outre l’élaboration d’un registre de donneurs.

L’ancien ministre des Affaires religieuses, Mhamed Berredouane, a donné un aperçu sur la position de l’Islam vis à vis du don d’organes entre vivants et le prélèvement d’organes à partir de cadavres, rappelant que la fetwa faite par Cheikh Hammani en 2003 est toujours en vigueur.

M. Berradouane a indiqué que l’Islam ne s’est jamais opposé à ce qui est bénéfique pour l’être humain à condition de préserver la dignité des vivants comme des morts. Il a dans ce sens estimé que le don d’organes comptait parmi les libertés individuelles qui doivent être respectées. Aussi il est important, a-t-il ajouté, de consulter la famille de la personne décédée avant de procéder à un prélèvement d’organe.

L’intervenant a par ailleurs déploré l’accueil réservé aux citoyens au niveau des établissements hospitaliers. Il a estimé que la confiance du citoyen est primordiale pour que ce dernier accepte un prélèvement d’organe du corps de l’un de ses proches, plaidant pour le respect des valeurs spirituels de la société algérienne.

aps mardi, 10 mars 2015 09:47